VMware après Broadcom : faut-il migrer vers Hyper-V ou Proxmox ?
Hausse des coûts VMware, nouvelles licences Broadcom et alternatives : comprendre les enjeux d'une migration ESXi vers Hyper-V ou Proxmox VE.
Depuis le rachat de VMware par Broadcom en novembre 2023, de nombreuses entreprises réévaluent leur infrastructure de virtualisation. En cause : la réorganisation des offres, la fin de la commercialisation de nombreuses licences perpétuelles et le passage à des abonnements qui peuvent alourdir la facture.
Pour les organisations qui hébergent leurs serveurs sur VMware ESXi, une question revient : faut-il rester sur vSphere ou envisager une migration vers Microsoft Hyper-V ou Proxmox VE ?
Changer d’hyperviseur ne consiste pas seulement à déplacer des machines virtuelles : c’est parfois repenser toute l’infrastructure qui les entoure.
Que s’est-il passé depuis le rachat de VMware ?
Broadcom a finalisé le rachat de VMware en novembre 2023. Dès décembre 2023, VMware a annoncé une simplification de son catalogue et une transition vers des licences par abonnement. Plusieurs produits auparavant commercialisés séparément ou sous licence perpétuelle ont cessé d’être proposés sous ces formes.
Les offres VMware Cloud Foundation (VCF) et VMware vSphere Foundation (VVF) sont devenues centrales dans cette nouvelle stratégie. Des abonnements vSphere Standard et Essentials Plus ont également été prévus pour certains besoins plus limités.
Cela ne signifie pas que toutes les licences perpétuelles existantes ont cessé de fonctionner du jour au lendemain. En revanche, le renouvellement du support, l’accès aux nouvelles versions et l’évolution du parc doivent être étudiés selon les contrats et les produits concernés.
Les conséquences financières varient fortement d’un client à l’autre. Il serait donc trompeur d’annoncer un pourcentage unique d’augmentation applicable à toutes les entreprises.
Pourquoi les entreprises cherchent-elles des alternatives ?
En octobre 2026, une enquête menée auprès de 269 professionnels d’organisations utilisant VMware, commandée par Rimini Street et relayée par The Register, montre que la hausse des coûts de licence pousse une large proportion des répondants à envisager des alternatives. Ce résultat mesure des intentions déclarées dans un échantillon donné, pas une proportion d’entreprises ayant réellement quitté VMware.
Les inquiétudes portent principalement sur le coût récurrent des abonnements, l’évolution des offres et la dépendance à un fournisseur unique. En juillet 2026, plusieurs associations professionnelles européennes, dont le Cigref et CISPE, ont également demandé à la Commission européenne d’intervenir sur certaines pratiques de Broadcom. Broadcom conteste leurs accusations.
Pour une entreprise, la réflexion dépasse donc le prix d’une licence : elle concerne aussi la prévisibilité du budget, la capacité à faire évoluer l’infrastructure et le maintien du support dans la durée.
Hyper-V ou Proxmox : quelles différences ?
Deux solutions reviennent régulièrement dans les projets de remplacement de VMware ESXi.
Faites défiler le tableau pour voir toutes les colonnes.
| Solution | Avantage principal | Point d’attention |
|---|---|---|
| VMware vSphere / ESXi | Écosystème mature avec de nombreuses fonctions et intégrations d’entreprise | Coût des abonnements et adéquation des offres aux besoins |
| Microsoft Hyper-V | Intégration avec Windows Server, PowerShell et l’écosystème Microsoft | Licences Windows Server, architecture de cluster et outils de gestion à chiffrer |
| Proxmox VE | Plateforme open source basée sur KVM et LXC, avec clustering et interface web | Compétences Linux, compatibilité des intégrations et dimensionnement du stockage à vérifier |
Hyper-V peut être pertinent pour les entreprises déjà équipées de Windows Server, notamment si leurs équipes maîtrisent Active Directory, PowerShell et le clustering Microsoft. L’hyperviseur ne supprime pas les obligations de licence applicables à Windows Server et aux systèmes invités.
Proxmox VE propose une approche différente, fondée sur des technologies open source. Son utilisation n’impose pas d’abonnement pour accéder aux fonctions de base, mais des offres de support et des dépôts de mises à jour destinés aux abonnés existent. Le coût d’exploitation, de formation et d’accompagnement reste à prendre en compte.
Aucune des deux solutions n’est automatiquement un remplacement équivalent de toutes les fonctionnalités déployées autour de vSphere.
Premier problème : migrer les machines virtuelles
Une machine virtuelle VMware utilise généralement des disques au format VMDK, tandis qu’Hyper-V exploite notamment le format VHDX. Proxmox VE peut utiliser différents formats et types de stockage, selon la configuration retenue.
Des outils de conversion existent. Proxmox a intégré un assistant d’importation depuis ESXi à partir de Proxmox VE 8.2, en 2024. Microsoft propose également des procédures de conversion avec System Center Virtual Machine Manager et une extension de migration dans Windows Admin Center, encore documentée comme une fonctionnalité en préversion.
Ces outils facilitent le transfert, mais ne garantissent pas qu’une VM redémarrera immédiatement dans des conditions identiques.
Il faut notamment vérifier le mode de démarrage BIOS ou UEFI, les contrôleurs de stockage, les pilotes réseau, les VMware Tools, les paramètres de sécurité et la compatibilité du système d’exploitation invité.
Pour certaines applications anciennes ou sensibles, une réinstallation ou une migration applicative peut être plus fiable qu’une simple conversion de VM.
Deuxième problème : retrouver les fonctions de l’infrastructure
Dans un environnement VMware, les machines virtuelles peuvent dépendre de services comme vCenter, vMotion, DRS, vSAN ou encore de solutions de sauvegarde et de supervision intégrées.
Une migration doit donc couvrir bien davantage que les disques des serveurs :
- Réseau : refaire la correspondance des VLAN, des commutateurs virtuels, des interfaces et des règles de sécurité.
- Stockage : vérifier la compatibilité avec les SAN ou NAS existants, les performances et l’espace nécessaire aux conversions.
- Haute disponibilité : concevoir et tester le nouveau cluster, le quorum et le comportement en cas de panne d’un hôte.
- Sauvegardes : vérifier la prise en charge du nouvel hyperviseur, les politiques de rétention et surtout la restauration effective des VM.
- Exploitation : adapter les scripts, la supervision, les procédures de maintenance et les compétences des équipes.
Par exemple, disposer de plusieurs hôtes Hyper-V ou Proxmox ne suffit pas à garantir la haute disponibilité : le stockage, le réseau et la configuration du cluster doivent aussi être conçus pour la continuité de service.
Troisième problème : les interruptions et les risques métier
Selon l’outil utilisé, la migration peut nécessiter l’arrêt de la VM source. Les mécanismes de synchronisation préalable peuvent limiter la coupure, mais ils ne la font pas toujours disparaître.
Les applications critiques méritent une attention particulière : bases de données, contrôleurs de domaine, serveurs de fichiers et logiciels métier peuvent présenter des contraintes de cohérence et de redémarrage spécifiques.
Avant chaque bascule, il est préférable de disposer d’une sauvegarde vérifiée, d’une fenêtre de maintenance, de tests applicatifs et d’une procédure de retour arrière clairement définie.
Une VM qui démarre sur le nouvel hyperviseur n’est pas nécessairement une application entièrement fonctionnelle. Les tests doivent aussi couvrir les connexions, les services, les performances et les dépendances réseau.
Comment préparer une migration sans prendre de risques inutiles ?
La première étape consiste à réaliser un inventaire des hôtes ESXi, des machines virtuelles et des dépendances techniques. Il faut ensuite comparer le coût total de plusieurs scénarios : rester sur VMware, passer sur Hyper-V, adopter Proxmox VE ou conserver temporairement un environnement mixte.
Une migration progressive est souvent plus simple à maîtriser qu’une bascule générale. Commencez par un environnement de test, puis des VM non critiques, avant de traiter les applications sensibles.
Prenez également en compte les achats matériels éventuels, les besoins en stockage, les licences des systèmes invités, la formation des équipes et les coûts de coexistence des deux plateformes pendant la transition.
L’économie réalisée sur les licences ne doit pas être annulée par des interruptions de production ou une infrastructure devenue plus difficile à maintenir.
Faut-il vraiment quitter VMware ?
Si votre environnement VMware fonctionne correctement et que son coût reste acceptable, une migration immédiate n’est pas forcément justifiée. Une renégociation, une réduction du périmètre ou une évolution de l’architecture peuvent parfois suffire.
À l’inverse, lorsque le renouvellement des licences devient difficile à soutenir, Hyper-V et Proxmox VE méritent une étude sérieuse. Le choix dépend des systèmes hébergés, des outils déjà en place, du niveau de disponibilité attendu et des compétences disponibles.
Chez Rootage, nous pouvons vous accompagner pour auditer votre infrastructure de virtualisation, comparer les scénarios et préparer une migration progressive en limitant les risques pour votre activité. Décrivez-nous votre besoin.
Sources : VMware by Broadcom — Fin de disponibilité de certaines licences perpétuelles, Rick Walsworth, 22 janvier 2024, The Register — Enquête auprès de clients VMware, 7 octobre 2026, Reuters — Demande d’intervention auprès de l’UE, 15 juillet 2026, Proxmox — Assistant d’import VMware dans Proxmox VE 8.2, 24 avril 2024, Microsoft Learn — Conversion VMware vers Hyper-V avec VMM et Microsoft Learn — Extension VM Conversion pour Windows Admin Center.